Si les produits les plus courants de la micro-assurance restent encore aujourd’hui les couvertures santé et décès, une diversification a eu lieu et presque tous les produits d’assurance classique se retrouvent aujourd’hui dans le champ de la micro-assurance. Même la Responsabilité Civile professionnelle, jugée comme une assurance difficile, est actuellement développée en France par Entrepreneurs de la cité (April, La Mondiale, CNP, AG2R, banque Postale, Caisse des dépôts et consignations, Adie, Boutiques de gestion, France active) pour des micro-entrepreneurs éligibles à des micro crédits. Les assurances agricoles, particulièrement complexes, se développent également, avec des systèmes de couvertures indicielles.
Enfin, l’intérêt des IMF pour la micro-assurance depuis quelques années s’est traduit par l’émergence de produits de micro-assurance ciblant plus particulièrement des emprunteurs, ou adaptés à la clientèle des IMF (assurances sur les crédits).
Cette section abordera les principes communs aux différents produits d’assurance, avant de détailler les produits les plus développés de la micro-assurance, et quelques garanties apparues plus récemment :
1. Quelques principes de base des produits de micro-assurance
2. Les définitions des assurances de personnes et des assurances de dommages
3. Les produits de micro-assurance de personnes
4. Les produits de micro-assurance de biens
6. L’assurance transfrontalière
1. Quelques principes de base des produits de micro-assurance
Lorsque l’on souhaite concevoir et lancer des produits de micro-assurance, il faut prendre en compte plusieurs principes de base communs à tous ces produits :
- a) Les produits doivent être simples et compréhensibles :
- Plus les garanties proposées (la couverture pour des risques définis) sont étendues, plus le produit est complexe et difficile à gérer ;
- Les clauses des contrats de garantie doivent être sans ambiguïtés – sinon, cela entraînerait nombre de risques pour l’assureur, ou risquerait également de rompre la relation de confiance avec les assurés.
- Une étude des demandes, des besoins, des difficultés et des stratégies de gestion de risque de la clientèle cible est un préalable absolu à la conception d’un produit d’assurance. Comme pour tout produit financier, cela nécessite une démarche participative avec les populations et des organisations partenaires (IMF, fédérations de femmes, Direction des coopératives, syndicats, ONG, etc.).
- Pour l’assurance en particulier, il peut y avoir un écart entre les besoins réels des population, et la demande elle-même : la prévoyance n’est pas toujours une notion comprise par le client potentiel, et même si le besoin de se protéger contre un risque donné existe, ce client potentiel ne sera pas forcément prêt à investir de l’argent dans une police d’assurance, sans perspective immédiate de « retour sur investissement ».
- La tarification d’un produit d’assurance est un point clé, et complexe, qui dépend en particulier de la probabilité de survenance du risque couvert, et des caractéristiques de la population cible.
- Les garanties individuelles sont logiquement à des niveaux de cotisation plus élevées que les garanties collectives, à quelques exceptions près.
- Certaines techniques permettent de protéger l’assureur contre le risque d’anti-sélection (voir glossaire) : par exemple, en assurance santé, on peut assurer l’ensemble d’une famille pour un risque de santé (afin d’éviter que la famille n’assure que ses membres les plus à risque).
- Le rythme de prélèvement de la cotisation d’assurance pourra être synchronisé avec les récoltes pour les agriculteurs et ruraux, par exemple ; ou adapté aux habitudes d’épargne de la clientèle cible.
- Même si l’on peut souhaiter offrir une protection aussi large que possible aux assurés à faible revenu, il faut savoir qu’une plus large protection exige une plus grande expertise pour réussir ; et surtout, renchérit le coût du produit pour le client potentiel.
- Il sera toujours recommandé de commencer par des produits d’assurance plus simples (assurance vie), de préférence à des produits plus complexes (assurance santé).
- Dans le même esprit, il vaut mieux proposer une seule garantie au début, simple à gérer, et diversifier l’offre par la suite.
- Une évaluation de l’expertise du micro-assureur est nécessaire, pour savoir quel produit lancer, et suivant quel mode d’intervention : voir les sections «Les principaux modèles» et «Quelques recommandations aux IMF» qui présentent des possibilités concrètes de partenariats, lorsque cette expertise est jugée insuffisante.
b) Les produits doivent répondre aux besoins et demandes des populations :
c) Les produits et leurs distributions doivent s’inspirer autant que possible des systèmes d’assurances informels populaires existants.
d) La tarification des produits et la possibilité de proposer des garanties modulées en fonction des différentes catégories de populations doivent être soigneusement étudiées.
e) Il faut prévoir un recouvrement des primes adapté aux capacités de paiement et aux flux de revenus des ménages cibles.
f) Il est préférable de commencer par proposer un produit simple, pour ensuite s’attaquer à des garanties plus complexes :
2. Les définitions des assurances de personnes et des assurances de dommages
La distinction entre assurance de personnes et assurances de dommages, ou assurance-vie et assurance non-vie, est souvent un élément clé du cadre légal et réglementaire de l’assurance – des licences spécifiques étant accordées pour chaque catégorie.Cette distinction est plus délicate qu’on ne l’imagine au premier abord : pour une part, il s’agit d’une convention variable suivant les pays. En France, les assurances de personnes recouvrent les assurances-vie mais également certaines branches ou formes d’assurance de dommages (accident, maladie, incapacité-invalidité,…) affectant la personne assurée. Aux Etats-Unis, la maladie est par contre considérée comme relevant de l’assurance vie et non comme une assurance de dommages.
Cette distinction peut représenter un obstacle à l’entrée sur le secteur : ainsi en Ouganda, AIG, qui ne possède qu'une licence non-vie, n’a pas été autorisé à proposer des produits d'assurance-vie mais par contre, a pu couvrir indirectement le risque de décès ou d’invalidité (1).
On retiendra donc la distinction suivante schématique entre l’assurance de personnes et l’assurance de dommages.
- L’assurance « en cas de vie » , sous forme de capitalisation, donne lieu au bénéfice du titulaire (ou dans certains cas de ses ayants droit) au versement d'un capital ou d'une rente après une certaine date.
- L’assurance « en cas de décès » (assurance décès) donne lieu au versement d'un capital au bénéficiaire en cas de décès.
- Les produits prévoyances (risque décès, risque accident, risque incapacité et invalidité...). Les assurances emprunteurs (couvrant le risque de défaillance d’un emprunteur) seront également incluses dans cette catégorie,
- Les produits vie-capitalisation,
- Les produits santé.
- Les assurances de biens, garantissant directement les biens appartenant à l’assuré. Elles sont soumises au principe indemnitaire (cf. plus haut).
- Les assurances de responsabilités garantissant les dommages (corporels ou sur leurs biens) que l’assuré peut occasionner à des tiers. Elles sont soumises au principe indemnitaire.
2.1 L'assurance de personnes
L’assurance de personnes protège contre les évènements de la vie (maladie, accident, décès, arrêt de travail, invalidité, etc.) affectant la personne même de l’assuré. On distingue généralement deux catégories principales :
- a) Les assurances sur la vie, en cas de décès ou en cas de vie
Ces assurances sont soumises au principe forfaitaire. L’assureur réglera la somme prévue au contrat sans qu’il soit nécessaire de savoir si celle-ci est supérieure ou inférieure au préjudice subi. En assurance-vie, le cumul de contrats et de capitaux garantis n’est en effet pas limité ; l’assurance vie étant considérée comme de l’épargne de précaution.
b) Les assurances de dommages corporels, c'est-à-dire les assurances en cas de maladie ou d’accidents.
Ces assurances sont généralement soumises au principe indemnitaire (et non forfaitaire) : la prestation de l’assureur ne peut jamais excéder le préjudice subi par l’assuré.
Dans le cadre des micro-assurances de personnes, on s’intéressera particulièrement aux trois gammes de produits suivants :
2.2 L'assurance de dommages
L’assurance de dommages vise à réparer les conséquences d’un évènement dommageable affectant le patrimoine de l’assuré.
On distingue deux catégories principales :
Dans le cadre des micro-assurances dommages, on s’intéressera presque exclusivement aux assurances de biens.
(1) Voir L’assurance et les institutions de microfinance, Guide technique pour le développement et la prestation de services de micro-assurance, BIT, 2004. - Churchill C.F., Liber D., McCord M.J., Roth J.
3. Les produits de micro-assurance de personnes
- L’assurance emprunteur avec capital supplémentaire
Ce produit généralement rentable offre un capital supplémentaire aux ayants droits pour faire face au décès de l’assuré et à la perte de revenu qui s’ensuit.
Le produit de micro-assurance Payung Keluarga de la filiale indonésienne d’ALLIANZ (assureur allemand) offre ainsi aux bénéficiaires du contrat deux fois le montant de l’emprunt, contracté par l’assuré, auprès d’une IMF partenaire ; ceci en plus du paiement du solde restant dû. - L’assurance emprunteur avec garantie complémentaire accident-invalidité
Ce produit, généralement rentable, offre un capital supplémentaire aux ayants droits pour faire face au décès accidentel de l’assuré et à la perte de revenu qui s’en suit. Si le décès est naturel, seul le solde restant dû est généralement couvert.
AIG Ouganda propose ce type de produit aux IMF partenaires. Les caractéristiques du produit de micro-assurance sont les suivantes :- Il s’agit d’une assurance individuelle accident, invalidité permanente, décès par accident, incluant une assurance emprunteur et invalidité, et enfin protégeant d’un désastre détruisant complètement l’activité économique.
- L’IMF souscrit une police de groupe auprès d’AIG, pour ses clients.
- Eligibilité : l’assuré doit être emprunteur d’une IMF ; les critères d’éligibilité de l’IMF s’appliquent (aucun critère supplémentaire propre à l’assurance).
- Terme variable, dépend de l’IMF et des produits (entre 4 et 6 mois). La couverture est attachée à un produit de prêt et duplique son terme, jusqu'à une année.
- Renouvellement automatique avec chaque nouvel emprunt. Sans emprunt l’assurance n’est pas possible.
- Il s’agit d’une assurance majoritairement obligatoire. Seule l’IMF UMU propose à ses clients une police AIG sous forme d’adhésion volontaire, bien que le personnel d’UMU incite fortement les clients à l’achat.
- Tarification : des ajustements mineurs sont apportés suivant les IMF. Les primes facturées aux IMF varient entre 0.5% et 1.0% de la valeur de l’emprunt. Les IMF ne touchent pas de commission en général, mais vont facturer à leur client un surcoût compris entre 0,5% et 0.75% du principal emprunté, ce qui augmente le coût de la prime pour les clients de 50% a 100%.
- Il s’agit d’une assurance individuelle accident, invalidité permanente, décès par accident, incluant une assurance emprunteur et invalidité, et enfin protégeant d’un désastre détruisant complètement l’activité économique.
- L’assurance emprunteur avec garantie frais d’obsèques
Ce produit offre un capital supplémentaire, ou plus souvent une prestation en nature aux ayants droits pour faire face au frais d’obsèques de l’assuré. Dans certains cas, la garantie complémentaire frais d’obsèques couvre également les obsèques des membres de la famille de l’emprunteur. La Card MBA (mutuelle aux Philippines) propose par exemple ce type de prestation.
En Zambie, l’assureur Madison Insurance Company a conçu deux produits de micro-assurance : une assurance-emprunteur et une garantie frais d’obsèques. Cette assurance funérailles est obligatoire pour les clients des deux institutions de microfinance partenaires Pride et Pulse. Elle est volontaire pour ceux de l’IMF Finca. - En Afrique du Sud, à fin 2004, 300 000 personnes disposaient de ce type de police.
- Delta Life (Bangladesh), Tata-AIG (Inde), ALMAO (Sri Lanka) proposent ce type de produit avec des résultats sociaux et financiers différents (2).
3.1 Les produits prévoyance
L'assurance prévoyance permet de prémunir sa personne contre un risque : décès par accident ou maladie, et/ou perte d'autonomie (totale et irréversible).
On distingue dans l’assurance-prévoyance différents produits :
- a) L’assurance emprunteur
En cas de décès, l’assureur garantit le solde restant dû (capital égal à la fraction du crédit ou de prêt non encore remboursée par le client). En cas d’accident provoquant une invalidité permanente ou temporaire de l’emprunteur, l’assureur peut aussi se substituer à l’assuré pour le paiement des termes de remboursements venant à échéance.
L’assurance emprunteur est particulièrement appréciée des assureurs commerciaux (spécialisés dans la vie) en raison de la simplicité et de la rentabilité du produit, et des institutions de microfinance, qui y voient un outre un moyen de limiter leur risque crédit, sans nécessité d’immobiliser du capital dans des fonds de garantie non rémunérateurs. Ce produit peut être apprécié également des clients qui, en plus des frais d’obsèques, auraient à compenser la perte de revenu causée par le décès.
Le taux de prime (coût de l’assurance) prélevé sur le montant du capital prêté varie selon les assureurs et institutions de microfinance - de moins de 1% à plus de 8%.
Les assurances emprunteurs ne couvrant que le solde restant dû se sont avérées dans l’ensemble d’un intérêt limité pour les assurés. Certains micro-assureurs ont donc décidé d’aller au-delà de la couverture du prêt, pour proposer des garanties complémentaires.
b) Le « temporaire décès »
L’assureur s’engage à verser un capital à un bénéficiaire, si l’assuré décède avant une date précise (la date du terme du contrat). Ce contrat est le plus souvent destiné à protéger financièrement la famille en cas de décès de l’assuré sans occasionner trop de frais. Cette temporaire décès peut être souscrite dans le cadre d’un emprunt (cas le plus fréquent dans la microfinance et évoqué ci-dessus).
c) L’assurance accident-invalidité
L’assurance accident-invalidité est, le plus souvent, liée aux produits d’assurance décès. Elle garantit à l’assuré et à sa famille une protection au cas où un de ces membres deviendrait invalide.
L’Iffco-Tokio en Inde fournit à tout agriculteur achetant un sac d’engrais de 50 kg de l’Iffco & Indian Potash Brands, une assurance décès accident-invalidité non nominative (90 $US en cas de décès et jusqu’à 45 $US en cas d’accident-invalidité). Ce produit de micro-assurance couvrirait environ 25 millions de personnes !
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d) L’assurance vie-entière
En échange du versement par le souscripteur d’une prime unique, périodique ou à versements libres, l’assureur s’engage à verser un capital décès ou une rente à un bénéficiaire en cas de décès de l’assuré. Le contrat n’est pas limité dans le temps ; il ne prend fin qu’au décès de la personne assurée.
La vie entière immédiate (le bénéficiaire reçoit un capital de l’assureur, quel que soit l’âge du décès de l’assuré) est souvent souscrite en qualité d’assurance « funérailles », le capital étant immédiatement disponible lors de la survenance du décès. Ce type de produit a un vrai potentiel dans le cadre de la micro-assurance, notamment dans les régions où les frais d’obsèques sont particulièrement onéreux.
e) Les garanties frais d’obsèques
Ces garanties portent sur la couverture des frais d’obsèques, soit dans le cadre d’un contrat autonome, ou dans le cadre d’une extension de garantie à un contrat vie ou décès.
Ces produits garantissent un capital ou une prestation en nature, ou les deux à la fois.
Le succès des garanties obsèques en Afrique sub-saharienne
Les garanties obsèques sont des produits très appréciés en Afrique sub-saharienne, malgré la concurrence des systèmes traditionnels informels. Il est recommandé de nouer des partenariats avec des sociétés funéraires ou des pompes funèbres pour proposer des prestations en nature plutôt qu’en capital, évitant ainsi aux bénéficiaires d’être assaillis par des proches intéressés par la manne financière. Dans certains pays sub-sahariens, les sociétés funéraires et de bienfaisance informelles sont très nombreuses. Les frais funéraires assumés par les familles endeuillées sont exorbitants, et se traduisent le plus souvent par des dépenses incompressibles et répétitives sans rapport avec les revenus du foyer. En Zambie, la prise en charge des coûts funéraires par la famille endeuillée varie entre 132 et 152 dollars (le PIB/hab. est de 877 dollars, à parité de pouvoir d’achat), afin de recevoir dignement pendant trois nuits les proches, les voisins, la communauté toute entière. Une étude approfondie sur la ville de Grahamstone, située dans une des régions les plus pauvres d’Afrique du Sud, révèle que les foyers dépenseraient en moyenne environ 15 fois leur salaire mensuel pour honorer la mémoire d’un des leurs. Les garanties obsèques constituent l’un des marchés les plus importants d’Afrique du Sud. 10 millions d’adultes (soit 37% des adultes sud-africains) disposent en effet d’une telle couverture, ce qui est à mettre en rapport avec le taux de bancarisation du pays (13 millions d’adultes, soit une part de 48%). Avec ses 8 millions de membres, et un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars par an, les « Burial Societies » informelles sont le fer de lance de ce secteur. Source : « Micro-assurance : Défis, mise en place et commercialisation", Argus de l’assurance, 2006. - M. Nabeth. |
f) L’assurance mixte
Les produits dits « vie-capitalisation » (en cas de vie) sont les symétriques des produits prévoyance, dans le sens où les assurés se protègent du risque de survie, et non de décès. Le souscripteur anticipe en effet le besoin de revenus financiers qui lui permettraient de subvenir à ses besoins et/ou à ses proches. Ce produit permet la constitution d'un capital épargne à moyen/long terme.
Dans le domaine de la micro-assurance, la rémunération ne constitue pas le mobile premier des comportements financiers. Les mobiles de précaution et de sécurité sont premiers en raison de la précarité et des expositions aux risques. Les critères «paiement de l’assurance» et « régularité aux séances » sont également des éléments constitutifs essentiels des tontines.
S’il existe différents produits d’assurance-vie capitalisation, nous ne traitons ici que du produit le plus fréquent dans cette branche de la micro-assurance : l’assurance mixte.
Le contrat d’assurance mixte est l’alliance d’un temporaire décès et d’un capital différé. Ainsi, à titre d’exemple, un mixte 20/80 prévoira pour le(s) bénéficiaire(s) un capital de 20 en cas décès avant le terme du contrat. Si l’assuré est en vie au terme, le capital de 80 est alors payé à l’assuré. La rente est également envisageable en cas de vie, mais dans le cadre de la micro-assurance, c’est le capital qui sera privilégié.
Ce type de produit se retrouve souvent dans la micro-assurance. Ce produit est déjà largement vendu aux populations à faible revenu.
Les contrats d’assurance mixte de Delta Life au Bengladesh
Fondée en 1986 sous la forme d’une compagnie privée d’assurance à but lucratif, Delta Life proposait à l’origine des assurances à capital différé combinant épargne et assurance et visant les couches moyennes supérieures de la population de Bangladesh. Peu de temps après son lancement, cependant, son fondateur (M. Shafat Ahmed Chaudhuri) reconnut que Delta avait besoin de développer quelque chose de plus innovant pour répondre à la vaste majorité de la population qui vivait en dessous du seuil de pauvreté. Prenant exemple sur le succès de la Grameen Bank et sur d’autres systèmes de microcrédit du Bangladesh, Delta a lancé en 1988 sa propre expérimentation, la « Grameen Bima or Village Insurance » sous la bannière de « Delta Life Corporate ». En fait, le rapprochement n’était pas pure coïncidence. Si les villageois les plus pauvres étaient en mesure de rembourser leurs emprunts de faible montant auprès de la Grameen Bank, alors ils seraient également preneurs de services d’épargne ou de couverture des risques proposés par la « Grameen Bima’s Life Insurance ». Selon le schéma initial de Grameen Bima, le projet travaillait en collaboration avec une ONG de microcrédit qui fournissait la structure de mise à disposition du produit offert. Ce partenariat s’est rompu après quelques années, lorsque Delta s’est aperçu que le personnel de l’ONG était davantage intéressé par l’activité de crédit que la promotion des produits d’épargne ou d’assurance. Si les clients étaient intéressés par l’octroi de prêts de la part de cette structure, ils étaient moins disposés à garantir ces derniers à l’aide de leur épargne. Delta devait alors développer son propre système et devait rapidement se rendre compte de l’intérêt de promouvoir ses propres politiques. Du milieu des années 90 jusqu’à la fin de la décennie, le système de micro assurance de Delta Life a connu une croissance étonnamment rapide, passant de 40 000 nouveaux contrats placés en 1994 à plus de 450 000 en 1998. A la fin de la décennie cependant, Delta s’est rendu compte des effets de son expansion inconsidérée. Cette croissance a révélé d’importantes insuffisances dans le système d’information comptable, dans le contrôle interne ainsi qu’en matière de gestion. Les bénéfices étaient également lents à apparaître ou, tout du moins, cela en donnait l’impression. En 2002, le conseil d’administration décida de transformer l’activité de micro-assurance en une activité à but non lucratif. Cependant, à la suite d’une étude actuarielle réalisée plus tard dans l’année qui fit apparaître que la micro-assurance n’était pas déficitaire, il fut décidé de conserver le volet au sein de l’entreprise commerciale et de le réorganiser afin de le rendre plus efficient. Cette réorganisation devait inclure un renforcement du contrôle interne, la mise en place d’un nouveau système d’information comptable ainsi que la décentralisation des responsabilités au niveau des bureaux régionaux. Les produits offerts par Delta sont extrêmement bien ajustés aux besoins de sa clientèle. Le produit offert se présentant essentiellement sous la forme d’un contrat d’épargne à long terme, il permet aux pauvres de se constituer, de manière graduelle, un capital. En cas de décès du souscripteur, le bénéficiaire reçoit le capital souscrit (étant entendu que les primes sont versées) augmenté de la valeur de l’engagement du disparu. Si d’autres risques interviennent, les assurés ont deux façons d’utiliser le contrat afin de les aider à y faire face : ils peuvent obtenir un prêt sur la base de la valeur de rachat de la souscription ou liquider le contrat. Source : Les Institutions de Microfinance doivent-elles proposer des services d’assurance ? TFD 78, ESF, 2006. - C. Churchill. |
(2) Cf. Long-term savings and insurance (page 94) in « Protecting the poor : a microinsurance compendium » , C.Churchill (edited), 2007. - James Roth, Denis Garand et Stuart Rutherford.
3.2 Les produits santé
- Des acteurs variés
Dans le domaine de la santé, la micro-assurance cible les exclus de la protection sociale, plutôt que les populations pauvres. La capacité financière effective de la population joue souvent un rôle déterminant quant à l’adhésion au programme de micro-assurance.
La focalisation de la micro-assurance sur les aspects santé par différents organismes (BIT, CIDR, GRET, GTZ, DFID, etc.) est d’autant plus compréhensible que les problèmes de santé sont des vecteurs majeurs de grande pauvreté. Nous avons vu également que la santé est généralement le type de couverture la plus demandée des populations.
Les mutuelles de santé sont en pointe dans le domaine de la micro-assurance, notamment en Afrique de l’Ouest. Mais les portefeuilles de micro-assurance sont de taille modeste, à quelques exceptions près : la Coordination Régionale de Mutuelles de Santé de Thiès (au Sénégal) comptait en 2005 75 000 assurés.
Les grandes ONG sont particulièrement actives en Asie du Sud, où les programmes de micro-assurance santé peuvent compter des dizaines de milliers d’assurés, voire des millions (Yeshasvini Trust, en Inde, comptait en 2005 1,5 millions d’assurés).
Les assureurs commerciaux sont bien plus réticents à développer ce type de produit, en raison de sa complexité et de la forte expertise qu’il nécessite, et des partenariats à nouer avec les prestataires de santé (notamment avec les soins de santé primaires et les hôpitaux). La législation ou la structure même de la compagnie d’assurance peut néanmoins inciter ces assureurs privés à développer ce type de produit. L’assureur santé espagnol DKV du groupe Ergo (filiale de Munich Re) s’est ainsi impliqué dans la micro-assurance santé en Équateur.
De Yeshashvini (Inde) à l’ASSEF (Bénin), en passant par BRAC (Bangladesh) ou Microcare (Ouganda), la liste des micro-assureurs santé est aussi longue que disparate.
- Des garanties elles aussi très variées
Les garanties offertes en micro-assurance santé sont généralement modestes, étant dépendantes des ressources des populations, de la rareté des hôpitaux, de la difficulté à négocier avec eux, des préférences des populations elles-mêmes.
La capacité des clients potentiels à payer la cotisation (leur « capacité contributive ») est déterminante, et très limitée ; ainsi, en Afrique, on a pu constater que les ménages allouent à la micro-assurance santé une somme comprise entre 1,5% et 2,5% de leur revenu. Au delà de 2%, les ménages semblent préférer réduire le nombre de têtes assurées que de payer une somme supplémentaire pour couvrir l’ensemble de la famille (élargie ou non) (3).
Plus la population ciblée est pauvre, plus la couverture du petit risque prend de l’importance parmi les garanties de la micro-assurance. A certaines périodes de l’année, pour les soins hospitaliers, 60% des patients en sont exclus pour des raisons principalement financières.
Certains micro-assureurs, comme le Yeashasvini Trust en Inde, proposent néanmoins des couvertures plus conséquentes.
L’assurance-santé du Yeshasvini Trust (Inde)Le Yeshasvini Trust a opté pour un produit d’assurance centré sur des sinistres à coût élevé, mais peu fréquents. Plus de 1 600 opérations chirurgicales sont ainsi couvertes par le programme.
La couverture maximale par personne et par an s’élève à 200 000 INR (4 545 $US).
La prime annuelle par client est récemment passée de 60 INR (1,40 $US) à 120 INR (2,70 $US).
Les assurés peuvent bénéficier des prestations assurées dans 150 hôpitaux partenaires, en majorité des institutions privées.
Un tarif est fixé pour chaque opération chirurgicale. Des soins gratuits sont également fournis par un service de consultations externes. Le patient ne doit à aucun moment avancer la moindre somme puisque l’assureur rem¬bourse aux fournisseurs de soins le montant des opérations chirurgicales pré approuvées. L’assuré a donc accès au système sans devoir disposer d’argent liquide. Le programme est autofinancé et indépendant de toute compagnie d’assurances.
Source : MicroInsurance Working Group Newsletters n°9, mars 2006
Pour en savoir plus sur ces différents produits :- Portail de La Concertation et
- Site du CIDR (exemples de mutuelles de santé africaines)
- La micro-assurance santé dans les pays d'Afrique subsaharienne, Actes de la Journée d'étude du 14 juin 2005. - Guillaume Debaig, Institut Thomas More & FFSA, Paris
- Site du CIDR (exemples de mutuelles de santé africaines)
- Portail de La Concertation et
(3) Source CIDR.
4. Les produits de micro-assurance de biens
- Les biens des particuliers (exemple : Multirisque Habitation),
- Les biens des professionnels,
- Les biens agricoles.
- La pauvreté est souvent plus conséquente dans le milieu rural, qui souffre souvent également d’un manque d’infrastructure (santé, éducation, eau, voies d’accès, etc.) A titre d’exemple, selon la FAO, les ¾ des pauvres vivent en milieu rural, et dans presque tous les pays du monde, le revenu moyen des paysans est très inférieur à celui des habitants des villes, et même inférieur au salaire moyen des travailleurs non qualifiés (4) .
- Les assurances récoltes se sont avérées structurellement déficitaires.
- L’assurance bétail
L’assurance bétail répond à une certaine demande au Népal, en Mongolie, au Sri Lanka et dans les zones d’expansion de la culture attelée en Afrique de l’Ouest. Dans les pays développés et dans une moindre mesure en Asie (par exemple en Inde et en Thaïlande), ce type d’assurance est aussi justifié par le risque associé à la production animale, du fait de foyers de maladies imprévisibles pouvant comporter des pertes économiques élevées, tant au niveau individuel (agriculteur), que local, national ou régional. Les animaux de trait interviennent non seulement dans la production agricole mais aussi dans la production de viande.
Des liaisons étroites avec des banques commerciales et des assureurs privés se sont progressivement établies. Les agriculteurs et les éleveurs peuvent à présent demander un prêt ou un crédit à la banque pour l’achat d’un animal, à condition de contracter une police d’assurance, les primes d’assurance allant généralement de 3% à 20% de la valeur de l’animal. Les primes versées sont quant à elles généralement conservées dans un fonds et servent à rembourser l’éleveur, lorsque l’assurance rembourse, dans des cas stipulés par contrat.
Il existe aussi des systèmes d’assurance du bétail pour les agriculteurs pauvres dans les pays d’Asie. En Inde, dans le cadre du système d’assurances national (General insurance company – GIC), les éleveurs laitiers pauvres bénéficient automatiquement d’une assurance gratuite des animaux qu’ils achètent auprès d’une source déterminée. Des systèmes d’assurance du bétail du même type existent dans d’autres pays d’Asie comme le Népal, la Thaïlande, le Sri Lanka, l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines. En Inde, l’IMF Shepherd distribue un produit de micro-assurance mortalité de bétail en partenariat avec les assureurs publics.
- Assurance sur risques climatiques
D’un point de vue technique, ce type d’assurances se nomme "couvertures paramétriques ou indicielles".
La Banque mondiale et l’une de ses émanations, le CRMG (Commodity risk management group), multiplient depuis plusieurs années des projets pilotes dans ce domaine, en Afrique (Tunisie, Ethiopie, Ouganda, Malawi), Amérique Latine (Argentine, Nicaragua, Mexique), en Europe (Ukraine, Roumanie, Turquie), et en Asie (Inde, Mongolie).
Avec le support de la Banque Mondiale, l’assureur indien ICICI Lombard a également élaboré une assurance sécheresse couvrant certaines cultures sur une période de 4 mois correspondant à la saison des pluies.
L’assurance sécheresse de Basix/ICICI Lombard (Inde)Les agriculteurs payent une police d’assurance dont le montant est fixé par type de culture (arachide ou ricin) et proportionnel à la surface assurée. Le montant de la prime d’assurance pour une acre (4047 m²) s’élève à 200 roupies (3,6 €) pour l’arachide et 250 pour le ricin. Ensuite, un index est fixé selon les périodes du calendrier de culture. Si les précipitations sont inférieures à cet index, l’assuré reçoit une indemnité qui varie selon le niveau de précipitation enregistré, une indemnisation maximum est fixée pour chaque période.
Par exemple, pour l’arachide, minimum de pluie déclenchant l’indemnisation :
- Du 10 juin au 14 juillet : 70 mm
- Du 15 juillet au 28 août : 110 mm
- Du 29 août au 2 octobre : 75 mm
Le montant indemnisé est de 15 roupies par mm de pluie manquant entre du 10 juin au 14 juillet, puis 10 roupies puis 5 roupies pour les périodes suivantes. Les indemnisations maximales pour chacune des périodes sont de 1500, 2000 et 2500 roupies.
A la demande des agriculteurs, les relevés sont désormais effectués au niveau d’une échelle administrative regroupant plusieurs villages. Ces relevés sont effectués dans des stations météo officielles. L’un des éléments ayant permis l’élaboration de ce service tient à l’existence de relevés météorologiques depuis 25 ans à 40 ans suivant les régions, permettant aux compagnies d’assurance d’effectuer des simulations pour le calcul de rentabilité de leur produit.
Source : L'assurance sécheresse : entre gestion du risque climatique et investissement dans les exploitations agricoles, Cyril Fouillet, BIM – 24 mai 2005
Les résultats encourageants de l’institution de microfinance indienne Basix et de ses partenaires assureurs montrent que le couple micro-assurance/assurance basée sur des dérivés climatiques (vecteur important de stabilisation des revenus et de développement) suscite un intérêt croissant chez les agriculteurs. En Inde, 150 000 exploitants agricoles ont souscrit à ce type de produit, pour l’année 2005. Cette assurance, proposée par quatre assureurs, se retrouve dans 10 états indiens.
4.1 Les assurances de dommages aux biens
Les assurances font référence aux garanties incendies et risques divers (vols, dégâts des eaux, bris de glace, bris de machine, grêle ; mortalité du bétail, etc.).
On distingue généralement les garanties suivantes :
Ces produits d’assurances de biens sont plus difficiles à proposer que les produits prévoyance, en raison d’une rentabilité plus difficile à atteindre, de difficultés à évaluer le montant exact de la perte, à obtenir des statistiques fiables, à maîtriser le risque moral ou de fraude.
Néanmoins, des assurances de biens semblent avoir un potentiel de viabilité, et sont actuellement développées par des micro-assureurs. Ceci est particulièrement le cas pour les assurances des biens agricoles, ainsi que pour les produits d’assurance bétails.
4.2 Les assurances agricoles
Il s’agit d’un sous-secteur de l’assurance de dommage aux biens, qui paraît un enjeu clé dans les pays du Sud.
L’importance du secteur agricole n’est plus à démontrer. Il fournit emplois et revenus à 40% de la population mondiale, et c’est un secteur particulièrement stratégique à forte valeur symbolique (autosuffisance ou souveraineté alimentaire).
Il reste que l’assurance des biens agricoles est difficile pour deux raisons :
Les statistiques de l’assurance récoltes dans le monde
Les statistiques des assurances récoltes développées par le secteur public dans plusieurs pays sont édifiantes. Le ratio combiné mesure la rentabilité de l’assurance - il désigne le rapport des prestations versées (indemnisations des sinistres), et des frais généraux et commissions au total du chiffre d'affaires (primes encaissées) : ainsi un ratio combiné supérieur à 100% signifie que le programme d’assurance est déficitaire. Or sur la période 1975-1981, le ratio combiné du Brésil (457%) indique que les coûts payés par l’assureur agricole sont 4,57 fois supérieur aux primes encaissés par ce dernier. Aux Philippines, entre 1981 et 1989, le ratio combiné a atteint 574%. Dans un pays comme les Etats-Unis, l’assurance récolte n’est pas pour autant rentable ; sur la période 1980-89, le ratio combiné était de 242%. |
Pourtant, quelques systèmes de micro-assurance se développent dans le secteur agricole et offrent des opportunités intéressantes.
(4) Source : La Fracture agricole et alimentaire mondiale, Universalis, 2005. - M. Mazoyer et L. Roudart (dir.) - (ouvrage non disponible en ligne)
4.3 Assurance dommages sur un produit vendu
Ce type d’assurance permet de couvrir la perte, la défaillance ou la réparation d’un achat.
L’assurance dommages sur produits vendus en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, l’assureur Hollard garantit les téléphones portables vendus par la chaîne de magasins de détail PEP, dans le cadre d’un produit d’assurance comprenant également des garanties prévoyance. Le sud-africain Ellerine Holding, l’une des principales chaînes de vente de mobiliers à crédit (1220 magasins vendant des meubles et de l’électroménager, essentiellement à destination des populations à faible revenu) garantit les dommages des biens achetés via un microcrédit. Source : Making insurance available to low -income earners - Pep and Hollard. |
5. Les produits « packagés »
On nomme couramment « package » le regroupement de différentes garanties, et dans certains cas de garanties de branches d’activité différentes. Malgré leur relative complexité, ces produits sont développés en vue de couvrir les assurés de plusieurs risques susceptibles difficiles à prioriser.
Le « package » d’Entrepreneurs de la Cité (France)
Entrepreneurs de la Cité propose un package au prix unique de 21,92 Euro (hors santé) comprenant comme garanties de base une multirisques professionnelle, une garantie prévoyance et une garantie santé, pour tout micro-entrepreneur disposant d’un microcrédit auprès d’une institution de microfinance partenaire comme l’ADIE. Source : Portail Entrepreneurs de la Cité et Plaquette Produit de Entrepreneurs de la cité (France) |
Certains micro-assureurs, commençant par un produit simple pour atteindre au plus vite le point mort (couverture des coûts), ont ensuite fait évoluer leur offre afin de proposer un ensemble de garanties.
L’évolution d’un micro-assureur vers les « packages » : le péruvien Servipéru.
Servipéru a commencé par développer une garantie frais d’obsèques avant d’ajouter une seconde garantie santé au produit socle (voir ci-dessous, le produit « Prévision Familiale »).
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Descriptif du produit « Prévision familiale » :
| Bénéfices | Description | Garantie/ copaiement |
| Consultation médicale | 2 par mois par personne | copaiement de 1,5 $US par consultation |
| Examens de diagnostic | a. Examens de base : sang, etc. b. Examens avancés : rayons X |
a. Copaiement de 1,5 $US b. 50% couvert |
| Urgences médicales | Couverture : 45 $US Copaiement : 12 $US |
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| Hospitalisation / maladie ou accident | Paiement de 10% des dépenses médicales (accident) ou soins d’hospitalisations résultants d’une maladie ou d’un accident |
Couverture : 1 188 $US |
| Accidents individuels | Remboursement des dépenses liées au rétablissement |
Couverture : 595 $US |
| Enterrement et dépenses pour les funérailles | Concession funéraire, service mortuaire, cérémonie, etc. |
Couverture : 1 040 $US |
Le package « Prévision Familiale » est par ailleurs modulaire : quatre plans sont possibles.
| Plan optionnel | Prime mensuelle (2005) |
| Plan A : couverture totale, du souscripteur et de sa famille |
13,38 $US |
| Plan B : couverture totale, mais seul le détenteur du plan est couvert pour l’hospitalisation |
9,51 $US |
| Plan C : Couverture des consultations médicales et de prestations funérailles, mais pas l’hospitalisation |
7,13 $US |
| Ancien Plan D : inclut tous les soins de santé, mais exclut la garantie frais d’obsèques |
Interrompu |
| Plan D : couverture totale mais limité à la personne détenteur du plan |
4,46 $US |
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Sources :
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6. L’assurance transfrontalière
S’inspirant des systèmes financiers mis en place pour les migrants par des sociétés comme la Western Union ou la Money Gram, certains assureurs commencent à mettre en place des systèmes d’assurance transfrontalière.Ces assureurs proposent notamment aux migrants disposant d’un revenu supérieur à leurs proches restés dans le pays (migrants mexicains vivant aux Etats-Unis, par exemple), de souscrire une police d’assurance couvrant le reste de la famille. Ce type d’assurance nécessite la mise en place de partenariats avec des relais locaux (assureurs, banques, IMF, guichets postaux, centres de soins, pompes funèbres, etc.).
Ces produits innovants peuvent être très pertinents dans les pays du sud, où les transferts d’argent des migrants deviennent un enjeu fort, notamment pour les IMF.
Quelques exemples :
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Pour en savoir plus :
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