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1. Foire aux questions

Cette section reprend les questions les plus souvent posées concernant la micro-assurance.
Chaque réponse renverra le lecteur vers les différentes sections du dossier, pour un approfondissement.

1. Qu’est-ce que la micro-assurance ?

2. Quels sont les risques rencontrés par les populations à faible revenu, et comment y font-elles face ?

3. Dans quels cas la micro-assurance est-elle un service pertinent ?

4. Quelles sont les composantes d’un produit de micro-assurance ?

5. Quels sont les principaux produits de micro-assurance ?

6. Quels sont les principes fondamentaux de la micro-assurance ?

7. Quels sont les types de risques assurables par la micro-assurance ?

8. Qui offre des produits de micro-assurance ?

9. Qui sont les clients de la micro-assurance aujourd’hui ?

10. Qu’est-ce que l’assurance vie ?

11. Qu’est-ce que l’assurance santé ?

12. Qu’est-ce que l’assurance des biens ?

13. Qu’est-ce que l’assurance récolte ?

14. Qu’est-ce que la réassurance ?

15. Quels sont les modes d’intervention en micro-assurance les plus courants ?

16. Quel est l’enjeu de la micro-assurance pour les IMF ?

17. A quelles conditions une IMF peut-elle développer des produits de micro-assurance ?


1. Qu’est-ce que la micro-assurance

A l’instar de la microfinance, le terme « micro-assurance » désigne l’adaptation de services d’assurance à des clients, essentiellement à faibles revenus, n’ayant pas accès à des services d’assurance classique.

Plus précisément, la micro-assurance permet de protéger des populations à faible revenu contre des risques spécifiques, en échange du versement régulier de primes, dont le montant est proportionnel à la probabilité et au coût du risque concerné.

La micro-assurance est un secteur d’une grande diversité, qui ne fait donc pas référence :

  • A un type d’acteur spécifique : la micro-assurance est de fait développée aussi bien par des assureurs commerciaux, des mutuelles, des institutions de microfinance, des gouvernements ou des organismes parapublics.
  • A un type de produit d’assurance spécifique : la micro-assurance recouvre en réalité des types de services extrêmement variés : assurance vie, santé, invalidité, élevage, assurance sur les récoltes, assurance mobilière et immobilière…
  • A une taille définie de portefeuille : un micro-assureur peut couvrir aussi bien des dizaines que des millions d’assurés.
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2. Quels sont les risques rencontrés par les populations à faible revenu, et comment y font-elles face ?

Une maladie, le décès d’un membre du ménage (apporteur principal de revenu ou non), un accident, une catastrophe naturelle peuvent déstabiliser durablement une famille toute entière. Pour une famille qui investit dans des activités économiques, via un microcrédit de développement/production, le moindre sinistre peut provoquer une situation plus grave encore (difficulté à rembourser une dette, perte de l’outil productif).

Les ménages à faible revenu ont développé de multiples stratégies pour faire face à ces risques :

  • La diversification de leurs activités, des actifs, et des revenus ;
  • L’entraide informelle, et l’investissement dans différents réseaux socio-économiques et/ou identitaires (tontines, par exemple) ;
  • L’émigration, lorsqu’elle relève d’une stratégie et non d’une exclusion ;
  • A plus long terme, l’éducation des enfants (stratégie transgénérationnelle) ;
  • L’épargne, qui permet une stratégie de prévoyance face aux dépenses futures, prévues ou non ;
  • Le crédit d’urgence, qui peut permettre de répondre à une difficulté ponctuelle.

Ces gestions du risque, aussi nécessaires soient-elles, ont leurs limites. Des études ont montré qu’en Inde par exemple, les prêts et l’entraide par des dons ne permettent de couvrir que 2 à 3% des pertes d’une famille.

Une situation de crise importante, imposant des dépenses bien au-delà de l’épargne accumulée, peut avoir un impact décisif sur une famille – l’obliger à se surendetter, vendre une partie de l’outil productif – compromettant parfois plusieurs années d’accumulation liée au crédit. Dans ce cas, les mécanismes informels de recours à la famille ou aux proches, de même que l’épargne familiale, s’avèrent souvent inadéquats ou insuffisants.
Un service d’assurance, permettant de faire face à cette crise, peut alors être un outil complémentaire cohérent.

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3. Dans quels cas la micro-assurance est-elle un service pertinent ?

Trois grandes catégories de produits financiers peuvent permettre à un individu ou une famille de gérer un risque (appelé en assurance « sinistre ») :
  • Les comptes d’épargne à vue, à partir desquels le client peut retirer une somme pour faire face à des problèmes économiques.
  • Les prêts d’urgence,
  • Les produits de micro-assurance.

La pertinence d’un produit complémentaire d’assurance, par rapport à l’épargne et au crédit, dépend de deux facteurs : l’importance du sinistre et la probabilité du sinistre.

  • Si le préjudice potentiel (ex : perte d’argent pour une famille) est très important, mais sa probabilité faible, l’assurance est sans doute une réponse adéquate. En effet, grâce au principe de mutualisation (mise en commun) des risques entre de nombreux individus, le produit d’assurance peut offrir un remboursement adapté, avec des montants nettement plus élevés.
  • Mais si au contraire, le préjudice est faible, alors l’épargne ou le prêt d’urgence peuvent être davantage adaptés (Brown et Churchill, 1999). C’est aussi le cas lorsque le risque est un événement prévu (naissance, frais scolaire, dot), que la famille peut anticiper.
Il n’est donc pas toujours utile, ni nécessaire pour une IMF, de développer de produits d’assurance en complément de ses services d’épargne et de crédit, pour permettre à ses clients de gérer le risque. La micro-assurance peut protéger efficacement des individus, des ménages ou des micro-entrepreneurs, en cas aléas importants. Elle peut aussi les inciter à investir dans des activités plus risquées mais plus lucratives.

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4. Quelles sont les composantes d’un produit de micro-assurance ?

On définit un produit de micro-assurance, comme toujours en assurance, à l’aide de quatre éléments de base (BIT, 2004) :
  1. L’événement assuré : l’événement déclencheur (par exemple, le décès de l’assuré) qui provoque le paiement par l’assureur d’une indemnité.
  2. Le montant de la prestation : c’est l’indemnité que l’assureur peut payer à l’assuré lorsque se produit l’événement assuré (exemple : une somme forfaitaire, ou le solde d’un prêt).
  3. Le bénéficiaire : la personne à qui est payée l’indemnité si l’événement assuré intervient.
  4. La durée de la couverture : la période pendant laquelle l’événement assuré doit intervenir pour donner droit au paiement de l’indemnité.

Pour mieux comprendre ces différents termes techniques, on se rapportera au « Glossaire synthétique » de ce dossier.

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5. Quels sont les principaux produits de micro-assurance ?

Il existe de nombreux produits d’assurance possibles.

Les trois grandes catégories les plus fréquentes sont :

  • Les produits d’assurance de biens pour lesquels les risques de fraude, renforcés par le caractère informel de l’environnement, sont difficiles à gérer. Dans ce type de contrat, si le risque ne se réalise pas, les assurés n’ont rien en retour (si ce n’est l’assurance d’être protégés). Ils sont donc moins populaires auprès des clients plus démunis, qui ont souvent des priorités plus immédiates dans l’allocation de leurs ressources.
  • L’assurance santé est un produit complexe. Elle couvre une grande variété de risques qui peuvent se renouveler. Elle s’appuie sur l’intervention de fournisseurs externes de soins de santé, ce qui complique énormément la mise en place. Les risques de fraudes (faux sinistres, surfacturation) sont également importants, et exigent des systèmes de prévention souvent sophistiqués. Enfin, il faut arriver à atteindre très rapidement une taille critique pour mutualiser les risques à une échelle suffisante. Malgré ces difficultés, des expériences intéressantes existent, notamment en Afrique (mutuelles de santé).
  • Le produit phare de la micro-assurance reste aujourd’hui l’assurance-vie. Son caractère éventuellement hybride lorsqu’elle combine une couverture d’assurance vie (en cas de vie) et un produit d’épargne est particulièrement bien adapté au contexte de la microfinance. Beaucoup d’IMF notamment, ont également mis en place des produits d’assurance-vie (en cas de décès) très simplifiés, qui par exemple permettent le remboursement du prêt en cours en cas de décès de l’emprunteur.

Néanmoins, avec l’intérêt croissant de nombreux acteurs pour la micro-assurance (assureurs commerciaux, IMF, etc.) de nouveaux produits émergent.

Pour plus de détails sur ces produits, voir la section « Les produits de la micro-assurance ».

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6. Quels sont les principes fondamentaux de la micro-assurance ?

Les principes de base que devraient suivre les micro-assureurs sont les principes universels de l’assurance et de la gestion du risque :
  • Il n’est possible d’assurer que des risques futurs, aléatoires, qui ne dépendent pas de la seule volonté de l’assuré.
  • Ces événements doivent être susceptibles de concerner un groupe suffisamment large d’individus. Le rôle essentiel de l’assureur consiste en effet à mutualiser les risques, autrement dit à constituer un groupe suffisamment grand de personnes exposées à des risques identiques pour faire jouer la loi des grands nombres. Cette loi dit que plus l'échantillon est grand, plus on réduit la fréquence d’un risque donné ; plus on peut, à partir de faibles montants collectés auprès des assurés, proposer une couverture intéressante du risque.
  • La perte maximale du sinistre doit être limitée.
  • Les dommages et leurs probabilités d’occurrence doivent être mesurables. La détermination des primes d’assurance se base sur une estimation de l’importance des pertes attendues et de la probabilité de la perte.
  • Le montant de la prime d’assurance doit être compatible avec la viabilité des activités assurées et la capacité contributive des souscripteurs. Généralement, pour qu’une police soit un achat attractif, le coût de la prime doit être inférieur à l’avantage offert par la police.
  • Le cadre légal et réglementaire doit bien entendu permettre d’offrir un produit de micro- assurance (en particulier, les IMF ne sont pas toujours autorisées à développer ce type de produits).
  • L’assureur doit pouvoir analyser et limiter les principaux risques qu’il assume : risque de fraude, risque moral et antisélection (voir « Glossaire synthétique » pour une définition de ces termes).

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7. Quels sont les types de risques assurables par la micro-assurance ?

Les risques susceptibles d’être assurés par les micro-assureurs sont nombreux, même si certains, plus complexes, sont plus difficiles à assurer que d’autres.

  • La micro-assurance est particulièrement appropriée pour les chocs microéconomiques, affectant des individus ou des ménages et liés à des imprévus personnels tels que le décès d’un membre du ménage, les dommages affectant l’habitation (hors catastrophe naturelle) ou les biens (professionnels ou privés), la maladie (hors pandémie), des accidents, une perte d’exploitation de sa micro-entreprise, etc. Ces événements créent en effet un besoin imprévu d’argent d’un montant supérieur à ce que possède le ménage. L’épargne ou le crédit sont généralement de peu de secours pour ce type de situation, surtout lorsque ces sinistres sont répétitifs ou d’une grande intensité. Ci-dessous un tableau très schématique des principaux imprévus personnels.

Les imprévus personnels

Composition et conséquences

Décès

Ce risque de décès est inévitable mais la date du décès a un niveau d’incertitude plus élevé que pour des événements cycliques. Les coûts associés peuvent être simultanément ponctuels et faibles (coût des funérailles), permanents et importants (remplacement des revenus).

Invalidité   

 

Contrairement à l’occurrence sporadique ou ponctuelle des risques liés à la santé, posent un problème continu. Les coûts générés par ce type de risques sont quasi-permanents et peuvent impliquer des frais de traitement ainsi qu’une perte de revenu proportionnelle au degré d’invalidité (partielle ou totale) si la personne n’est plus capable de travailler. Si le coût est plus élevé que dans le cas des risques liés à la santé, leur probabilité est plus incertaine

Risques liés aux biens (hors catastrophes naturelles)

Ils comprennent les risques de vol, de dommages ou de pertes d’actifs familiaux ou commerciaux. Les coûts associés peuvent inclure les frais de réparation ou de remplacement, voire des pertes de revenus.

Ce type de risque est bien plus incertain que les événements cycliques ou le décès, parce que le moment et la probabilité de réalisation de l’événement sont tous deux inconnus. Le coût des risques liés aux biens varie en fonction de la valeur des actifs assurés.

Risques liés à la santé (hors épidémies)

 

Les risques liés à la santé en raison d’un accident, de maladies ou de blessures dont est victime un membre du ménage varient en terme de coût, en fonction de la nature de l’événement (diagnostic médical simple ou complexe, traitement d’une maladie chronique ou ponctuelle, lourde ou bénigne, maladie invalidante ou non).

Ces risques peuvent être fréquents, mais le moment de réalisation est difficile à prévoir. Ils sont considérés par les ménages à faible revenu comme générant une incertitude plus élevée que la plupart des autres risques

  • Les chocs mésoéconomiques, touchant des groupes de ménages, toute une communauté ou tout un village, relèvent plus difficilement de la micro-assurance. Ces chocs mésoéconomiques sont dits covariants, c'est-à-dire communs à tous les ménages d’un groupe donné. Ils incluent les catastrophes naturelles, technologiques (comme la catastrophe de Bhopal en Inde en 1984) ou les risques sociaux (guerres, émeutes, incendies consécutifs), les épidémies, d’autres événements majeurs causant des pertes substantielles et simultanées dans une large part de la population. La réassurance, qui permet d’apporter aux micro-assureurs une couverture supplémentaire, est le principal moyen pour faire face à ce type de choc.

  • Les chocs macroéconomiques, qui se produisent au niveau national ou international, sont hors de portée des micro-assureurs. La solution ne peut être qu’apportée que par des instances nationales, internationales, ou dans certains cas par les marchés financiers (dérivés climatiques).

De nombreuses études montrent toutefois que le risque microéconomique est largement prédominant dans la variation du revenu des individus.

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8. Qui offre des produits de micro-assurance ?

Ces produits peuvent être proposés par de nombreux acteurs, de statut et activité variées : des assureurs formels (compagnies d’assurance), des institutions de microfinance (IMF), des prestataires de services santé, des coopératives agricoles et de santé, des sociétés traditionnelles (les sociétés funéraires par exemple) et bien d’autres catégories d’institutions.

Les institutions de microfinance occupent peut-être une position unique dans le monde de la micro-assurance, parce qu’elles reposent sur d’amples réseaux et fournissent déjà des services financiers à des clients à faibles revenus.

Certaines IMF comme SEWA (Inde), agissent en qualité d’assureurs directs en émettant des assurances santé et des assurances des biens. D’autres considèrent que, bien qu’elles disposent de réseaux parmi les populations pauvres, elles ne jouissent pas des compétences techniques leur permettant d’offrir des services assurance.

Elles coopèrent alors avec des assureurs professionnels ayant l’expertise technique requise. FINCA International (Ouganda) a bâti un partenariat avec American International Group (AIG), compagnie d’assurance et de services financiers jouissant d’une renommée internationale.

Pour plus de détail, se reporter aux sections :

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9. Qui sont les clients de la micro-assurance aujourd’hui ?

Les assurés de la micro-assurance peuvent être des individus, des ménages, des collectivités. Ils peuvent appartenir au monde rural, urbain ou périurbain. Nombre des assurés travaillent dans l’économie « informelle » et/ou dans l’économie populaire.
  • Les institutions de microfinance impliquées dans la micro-assurance s’adressent naturellement à leur clientèle disposant déjà d’un crédit ou d’un compte d’épargne.
  • Les mutuelles (ex mutuelles de santé) vont s’adresser à leurs membres en exclusivité ; il peut s’agir de femmes uniquement, de groupements, etc.
  • Les assureurs privés ou publics ciblent particulièrement :
    • Les clients des institutions de microfinance ou les IMFs elles-mêmes ;
      • Ex : AIG (Ouganda, Malawi, Tanzanie, etc.), Aviva (Inde); Allianz (Inde; Indonésie)
    • Les associations de femmes ;
      • Ex : VimoSEWA (Inde), La Equidad via WWF (Colombie)
    • Les syndicats, organisations sociales et populaires
      • Ex : Assureurs sud-américains
    • Les fonds funéraires informels (Burial Societies)
      • Ex : Assureurs sud-africains
    • Les clients des points de vente au détail
      • Ex : Bradesco (Brésil), Hollard (Af. Sud), Banamex (Mexique)
    • Des Self Help Group (groupes d’entraide de10 à 20 personnes)
      • TATA : AIG en Inde

La micro-assurance couvre donc une clientèle variée et large. Son spectre peut aller de la couverture des populations en dessous de la ligne d’extrême pauvreté jusqu’aux classes moyennes basses ou émergentes, qui restent particulièrement vulnérables en absence de couverture assurancielle et/ou de protection sociale.

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10. Qu’est-ce que l’assurance vie ?

On distingue au sein de la micro-assurance vie deux catégories de produit : les assurances en cas de décès et les assurances en cas de vie.
  • Parmi les assurances en cas de décès, on distingue les assurances « temporaires décès » et les assurances « vie entière » :
    • Les temporaires décès garantissent un capital (très exceptionnellement une rente) en cas de décès de la personne assurée avant le terme du contrat. Ce temporaire décès peut être souscrite dans le cadre d’une couverture de prêt (assurance emprunteur). C’est la formule privilégiée par de nombreuses institutions de microfinance.
    • Les contrats vie-entière garantissent, par contre, un capital (éventuellement une rente) en cas de décès à tout moment. Le seul élément d’incertitude pour l’assureur et l’assuré concerne le jour et l’heure du décès. Les garanties couvrant les frais d’obsèques relèvent souvent de ce type de contrats.
  • Parmi les assurances en cas de vie, et dans le cadre de la micro-assurance, on retrouvera essentiellement le capital différé.
    • Le capital différé est un contrat qui prévoit le versement du capital garanti à l’assuré, lorsqu’il est en vie au terme du contrat.
  • Les contrats garantissant le risque de décès peuvent également prévoir des garanties complémentaires couvrant le risque d’invalidité des assurés. Cela est relativement fréquent dans le cadre de assurances emprunteurs.

Pour plus de détails, se reporter à la section « Les produits de la micro-assurance».

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11. Qu’est-ce que l’assurance santé ?

L’assurance santé offre une couverture contre les maladies et accidents provoquant des blessures physiques. Les IMF se sont rendues compte que les frais engendrés par des problèmes de santé sont une cause importante de défaut de paiement de crédit par exemple et empêchent les personnes d’améliorer leurs conditions de vie.

Plusieurs IMF ont donc soit lancé leurs propres programmes d’assurance santé, soit dirigé leurs clients vers des programmes existants. La couverture effective varie mais, en général, les assureurs couvrent un montant limité de frais d’hospitalisation pour une maladie ainsi que le prix des consultations médicales et des médicaments. Certains assureurs fournissent également des services de premiers soins ou de prévention : vaccination et contraception par exemple.

Pour plus de détails, se reporter à la section « Les produits de la micro-assurance » .

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12. Qu’est-ce que l’assurance des biens ?

Ce type d’assurance apporte une couverture contre la perte d’un bien ou pour un dommage occasionné à un bien. Ce type d’assurance est complexe, car il faut vérifier l’étendue du dommage et déterminer si, oui ou non, la perte est effective (risque de fraude). Pour plus de détails, se reporter à la section « Les produits de la micro-assurance ».

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13. Qu’est-ce que l’assurance récolte ?

L’assurance récolte garantit à l’assuré une protection au cas où ses récoltes seraient endommagées ou détruites par une catastrophe naturelle telle qu’une inondation ou une sécheresse. Les expériences d’assurances récolte dans les pays en développement et même dans les pays développés, ont eu des résultats variables.

Dans les années 70 et 80, pour augmenter la capacité des agriculteurs à rembourser les prêts octroyés par les banques agricoles de développement, nombreux sont les gouvernements qui ont mis sur pied des programmes d’assurance récolte. Ceux-ci proposaient un remboursement du prêt et, à l’occasion, un supplément de revenus aux agriculteurs dont la production était en deçà du plancher fixé.

Ce type de programme a été lancé dans des pays aussi différents que le Brésil, l’Inde, les Philippines et les Etats-Unis et, dans tous les pays, les résultats ont été déficitaires ; les frais (frais administratifs et indemnités) dépassaient de loin les rentrées. Parmi les causes d’échec de l’assurance récolte, citons : la faiblesse du programme, le risque covariant (généralisé) caractéristique d’agricultures très soumises à la pluviométrie et, dans certains cas, des catastrophes naturelles.

Des assurances paramétriques ou indicielles, couvrant les pertes de rendement dues à une variable aléatoire facilement observable et fortement corrélée avec le rendement de la culture spécifique assurée (précipitations, température, etc.), sont actuellement expérimentées au Malawi, en Inde, en Mongolie, et pourraient être une perspective intéressante.

Pour plus de détails, se reporter à la section « Les produits de la micro-assurance ».

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14. Qu’est-ce que la réassurance ?

La réassurance est un arrangement aux termes duquel une société «le réassureur» s’engage à indemniser une société d’assurance «la cédante» contre tout ou partie du risque qu’elle a souscrit aux termes d’une ou plusieurs polices d’assurance. La réassurance est au cœur des opérations de tout assureur commercial.  

La réassurance réduit l’exposition au risque d’un assureur et est une source utile de financement et d’expérience actuarielle. Cette pratique peut servir à stabiliser les bénéfices contre de fortes fluctuations des résultats financiers d’une année à l’autre.

Elle permet aux petits assureurs de partager le risque avec d’autres opérateurs situés dans d’autres régions ou à l’étranger en créant des pools de risques suffisamment importants, grâce à la mutualisation du risque de nombreux assureurs.

Malgré ses avantages incontestables, la réassurance est encore peu présente en micro-assurance alors qu’elle permettrait de stimuler le développement de micro-assureurs aussi bien que la croissance des opérateurs existants.

Pour plus de détails, se reporter à la section « Les repères techniques de la micro-assurance ».

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15. Quels sont les modes d’intervention en micro-assurance les plus courants ?

Il existe cinq grands modèles de fourniture de services d’assurance aux pauvres (1) :

    a) Le modèle « Partenaire-Agent »

    Une première possibilité pour une IMF d’offrir des services d’assurance est d’intervenir comme agent d’une compagnie d’assurance, pour peu que la compagnie d’assurance accepte ce partenariat et que la réglementation en vigueur permette à l’IMF de jouer ce rôle d’intermédiaire.

    Dans ce modèle, l’IMF assumerait une fonction d’agent distributeur, permettant à l’assureur d’atteindre un marché dans lequel il n’interviendrait pas directement de lui-même en raison de son manque de rentabilité.

    Sous l’angle de la clientèle, elle peut accéder à une couverture d’assurance gérée par des professionnels, bénéficiant ainsi d’un meilleur « retour sur investissement » qu’avec un système d’assurance informel.

    Des exemples concrets témoignent du succès de ce modèle :

    • en Afrique de l’Est, AIG Uganda travaille en partenariat avec plus de vingt IMF qui offrent des services de couverture des risques de décès ou d’invalidité aux emprunteurs et à cinq membres de leur famille. Le système couvrait fin 2003 actuellement plus d’1,6 million de personnes sur trois pays (Ouganda, Malawi, Tanzanie).
    • En Zambie, la « Madison Insurance Company » offre des contrats d’assurance-vie à quatre IMF couvrant le risque de décès de l’emprunteur ; le contrat couvre également le remboursement des emprunts en cas de maladie de ce dernier.

    Ce modèle est basé sur la collaboration entre une partenaire (une compagnie d’assurance formelle, en général) et un agent de distribution qui fournit des services à une clientèle à faibles revenus. La compagnie (le partenaire) alimente les réserves financières, fixe les primes, supervise les demandes d’indemnisation et garantit le respect des obligations légales. L’agent se charge du transfert rationnel du risque, des ressources et du partage des connaissances entre les secteurs formel et informel.

    b) Le modèle mutuelles d’assurances et autres organisations à assise communautaire

    Les coopératives de crédit et d’épargne offrent souvent des assurances emprunteurs couvrant le solde restant dû. En outre, elles proposent des couvertures d’assurance-vie épargne afin de stimuler l’épargne. Certaines vendent également des assurances Habitation, Funérailles, Invalidité, Maladie, voire plus rarement des polices Accidents. Ces produits complètent les services de crédit et d’épargne traditionnels.

    Dans les pays d’Afrique subsaharienne, de nombreuses mutuelles de santé ont aussi été créées, qui reposent sur l’adhésion volontaire des membres. En échange des primes qu’ils versent à un fonds, les assurés ont droit à des prestations déterminées. La communauté joue un rôle important dans la conception et la gestion du programme.

    c) Le modèle « assureur intégral »

    Différentes organisations – IMF, compagnies d’assurances, etc. - peuvent également vendre directement leurs polices aux populations pauvres par l’intermédiaire d’agents touchant un salaire ou une commission, voire les deux. Tata-AIG en Inde ou Delta-Life au Bangladesh développe la micro-assurance à travers ce modèle de vente directe.

    d) Le modèle « franchisé »

    Dans ce modèle l’assureur professionnel loue sa licence, assigne une partie de son capital avec éventuellement un traité de réassurance au franchisé tandis que ce dernier (généralement une IMF) est responsable de la conception du produit, de sa tarification, des pertes et des gains enregistrés.

    e) Le modèle « fournisseur »

    Le principe de ce modèle, spécifique à l’assurance santé, est que l’assureur intègre tout ou partie de l’offre de soins. L’intérêt pour lui est de maîtriser la qualité de l’offre de soins, cruciale pour fidéliser les assurés.

Pour plus de détails et une analyse des avantages et inconvénients de ces différents modèles, voir la section « Les principaux modèles d’intervention ».


(1) « Micro-assurance : l’assurance au service des pauvres », Compte rendu de la Conférence sur la micro-assurance, Munich 18-20 Octobre 2005, Munich Re Foundation, CGAP Working Group on MicroInsurance, ILO

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16. Quel est l’enjeu de la micro-assurance pour les IMF ?

La micro-assurance au sens large est parfois présentée comme un « nouveau produit financier » potentiel pour des institutions de microfinance (IMF).

A priori, une diversification vers des produits complémentaires d’assurance peut être séduisante pour une institution de microfinance. Les IMF les plus « matures » sont de plus en plus conscientes de la nécessité d’une diversification de leurs produits pour fidéliser leur clientèle ; elles constatent en parallèle l’impact des décès ou des problèmes de santé sur le remboursement des crédits et le budget de leurs clients.

Du point de vue des IMF, une assurance peut être un moyen de limiter le risque sur l’activité de crédit, et de plus en plus d’institutions semblent aujourd’hui tentées par une diversification dans le domaine de l’assurance. Il existe de fait quelques exemples connus d’IMF ayant développé des services d’assurance (SEWA en Inde, BRAC au Bangladesh…) ; voir la section « Les acteurs de la micro-assurance » .

L’expérience démontre qu’en raison de leur relative simplicité, les produits d’assurance de base (liés aux emprunts) sont attrayants pour les IMF et restent abordables pour les clients. Toutefois, un nombre croissant d’IMF développe, seules ou en partenariat avec des assureurs notamment, de nouveaux produits de micro-assurance.

Sur l’intervention des IMF en micro-assurance, se reporter à la section « Quelques recommandations aux IMF » .

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17. A quelles conditions une IMF peut-elle développer des produits de micro-assurance ?

La conception d’un produit de micro-assurance adapté et viable n’est pas simple.
L’assurance est un domaine complexe qui exige un certain degré de compétence technique que la plupart des IMF ne possèdent pas. C’est la raison pour laquelle nombre d’IMF mettent sur pieds des partenariats avec des sociétés d’assurance formelles qui jouissent, elles, de cette expérience technique.

Lorsqu’une IMF envisage de proposer un produit d’assurance, il lui est nécessaire d’analyser attentivement les aspects suivants :

  • Un environnement réglementaire favorable : est-il possible pour les IMF de proposer des produits d’assurance ?
  • Des capacités institutionnelles suffisantes : l’IMF a-t-elle les capacités de proposer des produits de micro-assurance ?
  • Une compréhension claire de la demande : même si ce point est toujours difficile à estimer, il est important pour l’IMF de chercher à vérifier 1) que l’assurance, parmi les produits possibles de gestion du risque, est le plus adapté ; 2) qu’il existe une vraie demande pour le produit d’assurance.
  • Une compréhension des concurrents et partenaires potentiels : notamment, existe-t-il des partenaires potentiels (compagnies d’assurance par exemple) susceptibles d’apporter une expertise à l’IMF ?

De manière générale, une fois ces conditions préalables analysées, il est recommandé pour les IMF souhaitant se lancer en micro-assurance de se limiter à des produits d’assurance simples : assurance vie et assurance invalidité.

La section « Quelques recommandations aux IMF » détaille les pré requis et étapes à suivre, pour développer un service de micro-assurance sur de bonnes bases.

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