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6. Alliances

Ces alliances sont nécessaires pour sécuriser l’intervention de la microfinance, étendre son champ d’action, mais aussi – et surtout - pour améliorer et sécuriser les conditions d’insertion économique des ménages ruraux.

Un premier sous-thème montre l’importance, les acquis et les difficultés des alliances entre organisations professionnelles agricoles et institutions financières pour améliorer le financement de l’agriculture. Un second sous-thème documente les innovations en matière de « financement de la filière », d’agriculture contractuelle, notamment à travers l’exemple des liens entre microfinance et commerce équitable. Un troisième sous-thème fournit des matériaux de réflexion sur les liens entre microfinance autres services d’appui à l’agriculture et au monde rural : assurance, conseil agricole, …

1. Microfinance rurale et organisations professionnelles agricoles
2. Microfinance rurale, financement des filières, commerce équitable
3. Microfinance, services ruraux, « livelihood finance »

1. Microfinance rurale et organisations professionnelles agricoles

Les organisations professionnelles agricoles (associations de producteurs, coopératives, syndicats, …) se mobilisent pour améliorer l’accès de l’agriculture familiale aux services financiers. La collaboration avec la microfinance se construit progressivement, mais les partenariats restent difficiles à établir et à stabiliser. De nombreux travaux récents accompagnent ce processus.

Des études de cas :
1. Microfinance pour l’agriculture : l’expérience de la FONG au Sénégal (BIM), Wampfler, B., 2008

2. La coopérative LA FLORIDA au Pérou, Mees, M., 2003

3. Organisations paysannes et microfinance : l'expérience de la FECECAM au Bénin, Agoua, F., 2002

4. Le crédit par les groupements paysans : le cas de la SODECOTON Cameroun (BIM), Roesch, M., 2001

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2. Microfinance rurale et filière. Un exemple : le commerce équitable

Le développement rural dépend du financement de l’ensemble des activités rurales. Partant de ce constat, une nouvelle réflexion émerge en finance rurale sur l’approche « value chain finance», ou « financement de la chaîne de valeur ». Cette approche encourage les IMF à financer l’ensemble des activités d’une filière, de la production à la commercialisation en passant par la transformation des produits agricoles, et à s’associer au secteur privé pour assurer des débouchés sur des filières à haute valeur ajoutée. L’objectif est de créer de créer un véritable tissu économique dans les zones rurales.

Cette approche reste expérimentale. Elle s’appuie sur les acquis de l’agriculture contractuelle (= production agricole sous contrat) et semble se développer plus facilement dans les filières à haute valeur ajoutée.

L’agriculture contractuelle peut se définir ainsi : un accord entre des agriculteurs et des sociétés agro-alimentaires ou de commercialisation, ou les deux, portant sur la production et la fourniture de produits agricoles selon des accords à terme, fréquemment à des prix préétablis. Invariablement, l’accord engage aussi l’acheteur à apporter, dans une certaine mesure, un soutien à la production par le biais, par exemple, de fournitures d’intrants et de conseils techniques. (FAO)
Le commerce équitable offre un exemple original de collaboration entre finance rurale et filière.
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3. Microfinance, services ruraux, « livelihood finance »

La microfinance ne peut être efficace que si elle est insérée dans une économie rurale active, soutenue par des services fonctionnels : l’approvisionnement en intrants pour la production est assuré, la commercialisation fonctionne, le conseil agricole et rural favorise l’amélioration des techniques de production et de gestion, les systèmes d’information sur les marchés fonctionnent …

Tout comme les services financiers, la plupart des services d’appui au monde rural antérieurement assurés par l’Etat, sont aujourd’hui confrontés à la privatisation : intrants, santé animale, vulgarisation et conseil agricole, fourniture d’agro-équipements… Une offre privée émerge progressivement sous différentes formes (entrepreneurs privés, formels ou informels, organisations paysannes,…), mais son développement rencontre de nombreux obstacles.

Comment organiser ces nouveaux services, comment assurer le changement d’échelle, quel rôle du marché, de l’action collective, quels sont les statuts juridiques adaptés, comment acquérir les compétences techniques et de gestion nécessaires au bon fonctionnement d’un service, comment financer les investissements financiers nécessaires pour leur développement, comment garantir la bonne qualité des services, comment assurer la concurrence loyale, sont autant de questions clé pour le développement des services qui ne sont pour l’instant pas résolues.

Au-delà de la restructuration de chaque type de service, se pose le problème de leur coordination : ainsi, par exemple, pour valoriser efficacement un crédit productif, un ménage rural aura besoin d’accéder aux intrants, de débouchés pour la commercialisation des produits, de conseil de gestion, d’accès à l’information. L’efficacité du crédit est donc conditionnée aussi par les performances du « système de services » ou « réseau de service » auquel les acteurs économiques ruraux auront ou pas accès.

Autrefois souvent assurée par l’Etat, cette coordination entre services est aujourd’hui laissée aux seules lois du marché et force est de reconnaître que dans de nombreuses zones rurales, cette coordination par le marché semble insuffisante pour garantir la viabilité et la qualité des services d’appui agricoles et ruraux. Des formes de coordination alternatives ou complémentaires au marché sont aussi explorées : négociation, coopération, contractualisation … La réflexion sur les réseaux de services ruraux est encore embryonnaire, mais la microfinance participe à cette réflexion alternative, notamment à travers le concept de « livelihood finance ».

Ce concept consiste à intégrer la microfinance dans une approche globale qui cherche à promouvoir des moyens d’existence durables pour les ménages pauvres, tenant compte de la diversité de leurs activités et de leurs contraintes. Cette approche repose sur 3 piliers : services financiers, services de développement agricole et économique, services de développement institutionnel.

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